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« Exilés dans leur propre ville » : une conférence

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Exilés dans leur propre ville. Expropriations, expulsions et déportations à Montréal de 1954 à 1975


Relogés avec soulagement dans un quartier plus moderne, mais, le plus souvent, arrachés brutalement à leurs quartiers d’origine, coupés de leurs réseaux traditionnels et projetés dans des secteurs pauvres en soutien social, des dizaines de milliers de Montréalaises et de Montréalais ont vécu la migration forcée dans leur propre ville lors d’expulsions collectives, à l’époque des vastes projets de « rénovation urbaine » de l’administration du maire Jean Drapeau.

Alors que les grandes vagues d’immigration européennes s’achèvent et que les nouvelles règles canadiennes d’accueil se « déracisent » et ouvrent le pays aux immigrants du Sud, Montréal vit une période de requalification et de reconfiguration de son espace central qui entraînent des déplacements importants et douloureux de sa population de souche plus ancienne.

Beaucoup de citoyens directement concernés et les militants sociaux qui les appuient vont considérer ces destructions de quartiers populaires comme des attaques vicieuses contre un patrimoine architectural et social précieux, et ces évictions de masse comme de véritables « déportations ».

Des mouvements citoyens vont tenter de civiliser les pratiques administratives pour lesquelles les besoins des résidents évincés sont peu écoutés ou pris en charge. L’administration municipale va progressivement nuancer son approche initiale et considérer le relogement des populations évincées comme sa responsabilité, avant de mettre fin au « bulldozage » systématique des anciens quartiers ouvriers qui a vu la démolition de près de 30 000 logements et l’expulsion de près de 150 000 personnes entre 1954 et 1975.

Une conférence de Bernard Vallée de Montréal Explorations

Bernard Vallée est engagé depuis 40 ans dans plusieurs mouvements sociaux de défense du droit au logement et de promotion de l’aménagement urbain de qualité. Il est particulièrement engagé dans la mise en valeur de l’histoire sociale et du patrimoine populaire de Montréal. Il est animateur pour le collectif Montréal Explorations, un organisme d’éducation populaire en histoire, patrimoine et enjeux urbains qu’il a fondé en 2013, après avoir été actif à L’Autre Montréal pendant près de 30 ans. Bernard Vallée est aussi membre du Conseil du Patrimoine de Montréal depuis 2012.

Cette conférence de deux heure environ est disponible sur demande pour des présentations en salle. Elle est illustrée d’un diaporama très riche en images d’archives.

Pour plus d’informations et pour commander la conférence, contacter Montréal Explorations

PLAN DE LA CONFÉRENCE

1. La transformation de l’espace montréalais

Le président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Pierre Desmarais, visite une famille vivant dans un taudis.

Le président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Pierre Desmarais, visite une famille vivant dans un taudis.

1.1

Une ville vieillissante au début de profondes mutations économiques, sociales et politiques

1.2

La crise des années 1930, la seconde Guerre mondiale et l’arrêt de la construction résidentielle

1.3

La crise du logement de l’après-guerre

2. la lutte aux taudis et le développement du centre-ville (1954-1961) 

Comité consultatif pour l’élimination des taudis et pour l’habitation à loyer modique. Projet de rénovation d’une zone d’habitat défectueux et de construction d’habitation à loyer modique, Ville de Montréal, 1954.

2.1 

La « construction » du taudis (dans le sens de taudification due à la négligence et dans le sens de la fabrication d’un discours de dénigrement du logement ouvrier ancien)

2.2 

Le rapport du Comité consultatif pour l’élimination des taudis et pour l’habitation à loyer modique (rapport Dozois, 1954)

2.3 

Destruction du Red Light pour le plan Dozois (1958-1961), logements sociaux

2.4 

Destructions pour le boulevard Dorchester (1954-1955)

3. La « rénovation urbaine » et le développement du centre-ville (1961-1975)

650 hectares déclarés «zone de déblaiement» en 1961. C'est à dire, 29 000 familles, 120 000 personnes qui devaient être expulsées, soit 70  % de la population des 17 zones concernées

650 hectares déclarés «zone de déblaiement» en 1961. C’est à dire, 29 000 familles, 120 000 personnes qui devaient être expulsées, soit 70 % de la population des 17 zones concernées

3.1 

L’Étude générale de rénovation urbaine (1961) et Horizon 2000 (1967)

3.2 

Destruction du faubourg-à-m’lasse pour la maison de Radio-Canada (1963-1964)

3.3 

Condamnation de Griffintown (1963)

3.4 

Destruction de Victoriatown pour l’Autostade de l’Expo (1963)

3.5 

Destructions pour l’emprise de l’autoroute Est-Ouest (1967-1976)

3.6

Destruction de la Petite-Bourgogne et logement social (1968-1974)

3.7 

Projet de destruction du quartier Milton-Parc (1968-1978)

3.8 

Destruction de la rue Saint-Norbert pour une cour de voirie (1975)

4. Pratiques et conséquences des déplacements forcés

Ce que vivent les citoyens déplacés

 

 

Cette conférence de deux heure environ est disponible sur demande pour des présentations en salle.

Elle est illustrée d’un diaporama très riche en images d’archives.

Pour plus d’informations et pour commander la conférence, contacter Montréal Explorations

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