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Forum « L’ART PUBLIC AU LENDEMAIN DE LA COMMÉMORATION CORRIGÉE » organisé par Culture Montréal le 7 octobre 2019

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Lucie K. Morisset (professeure UQÀM, animatrice du panel), Yann Pocreau (artiste), Noemi McComber (artiste), Helena Martin Franco (artiste), Elizabeth-Ann Doyle (MU) et Bernard Vallée (Montréal Explorations). (Photo, Francyne Lord)


Lucie K. Morisset (professeure UQÀM, animatrice du panel), Yann Pocreau (artiste), Noemi McComber (artiste), Helena Martin Franco (artiste), Elizabeth-Ann Doyle (MU) et Bernard Vallée (Montréal Explorations). (Photo, Francyne Lord)

 

Lors du Forum «ENTRE RAISON ET TENSION – L’ART PUBLIC À L’ÉPREUVE DE LA COMMÉMORATION CORRIGÉE» organisé par Culture Montréal le 7 octobre dernier à la BAnQ, Bernard Vallée de Montréal Explorations a participé à la table ronde de clôture sur «L’avenir de la commémoration à Montréal».

Voici quelques éléments de ce qu’il avait préparé pour son intervention et les diapositives qui l’illustraient.

 

Que devrait-on dire aux décideurs de faire pour que l’art public commémoratif soit jugé « approprié » pour la ville de Montréal ?

La commémoration par l’art public, c’est-à-dire la célébration de la mémoire, le partage, la collectivisation de cette mémoire, permet d’entretenir un rapport avec le passé riche en réflexions pour le présent et pour l’avenir. C’est d’abord un héritage constitué d’œuvres qui, témoins d’une époque et portant ses valeurs, soulèvent parfois la controverse. C’est aussi, l’exercice auquel on doit se prêter aujourd’hui pour poursuivre la transmission, entre autres par l’art public, de valeurs qu’on souhaite pérennes.

 

La commémoration héritée

 

 

1. Le patrimoine, construit, paysager et naturel, est le premier « monument » commémoratif à considérer.

Les plus précieuses œuvres commémoratives à protéger et à mettre en valeur, ce sont certains éléments du patrimoine, qu’ils soient construits, paysagers ou naturels. Ils ont été le décor authentique d’événements, de mouvements, d’expression d’idées, de personnes qu’on peut avoir la volonté de commémorer. Mais la protection de ce patrimoine matériel qui supporte un patrimoine immatériel commémorable n’est pas encore protégé adéquatement. Je les considère comme un art public commémoratif hérité méritant d’être conservé, mis en valeur et adéquatement interprété, in situ et virtuellement.

 

Les lieux réels où se sont passés des événements, où ont vécu des personnes, où ont émergé des mouvements ou des idées qu’on veut commémorer sont pour moi les plus pertinents et les plus évocateurs des « monuments » commémoratifs. Leur conservation et leur mise en valeur devraient être un de nos premières préoccupations de commémoration : commémoration d’époques significatives de l’évolution de la société, de styles et de savoir-faire constructifs ou d’aménagement emblématiques, commémoration d’événements ou de personnages déterminants de l’histoire, commémoration  d’usages ou de coutumes et traditions témoins de l’identité de Montréal ou du Québec, commémoration de nos liens avec l’histoire du monde, etc.

Cette expérience de rencontre réelle, physique, et non pas virtuelle comme l’est la documentation, cette rencontre avec des lieux chargés de mémoire me semble nécessaire au développement de la citoyenneté. Dans leurs déambulations urbaines quotidiennes ou d’exploration spécifiquement historique, le passant citoyen mérite qu’on lui propose des interprétations commémoratives de lieux et d’espaces qui ajoutent du sens au paysage qu’il traverse, le sens de la mémoire des lieux.

Encore faut-il que nous assurions la conservation et l’interprétation de ce patrimoine matériel qui porte une mémoire, qui témoigne d’un patrimoine immatériel.

Quelques propositions :

    • L’inventaire du patrimoine exceptionnel dans le Plan d’urbanisme devrait être mis à jour en continu au rythme des nouvelles connaissances historiques et des recherches urbaines et l’on devrait reprendre les attributions de statuts patrimoniaux du « classement » (provincial) et de la « citation » (municipal) qui est particulièrement ralenti depuis quelques années.
    • Le patrimoine modeste (comme le logement ouvrier), le patrimoine archéologique (comme les vestiges des tanneries du 18e et 19e siècles sous l’échangeur Turcot), le patrimoine industriel (comme la Montréal Works) devraient faire l’objet de toute notre attention car ils sont particulièrement menacés et recèlent un potentiel de commémoration considérable.
    • Une pratique prioritaire du recyclage d’édifices patrimoniaux, ayant perdu leur usage d’origine, abandonnés ou en voie de l’être, devrait être adoptée par les pouvoirs publics en recherche de nouveaux locaux.

 

 

2. Les monuments déjà installés, surtout s’ils sont controversés, devraient être interprétés in situ.

Les débats sur les monuments ou œuvres d’art public commémoratifs déjà installés et controversés, tournent essentiellement autour de leur conservation telle quelle ou leur déboulonnage. Il y a peu de réflexion sur d’autres avenues plus éducatives et on devrait explorer comment introduire, in situ et virtuellement, une mise en contexte et des interprétations alternatives et, pourquoi pas, des œuvres qui répondent à l’œuvre controversée et la contestent.

 

 

Ces œuvres reflètent les valeurs du temps de leur commande, conception et érection ; ces valeurs ont parfois changées, ou bien l’on a découvert ou mis en lumière des côtés obscures des personnes ou événements honorés, et ces œuvres sont sujets à d’âpres controverses.

    • L’enlèvement de certains de ces monuments n’est pas toujours un crime contre l’art et le patrimoine, et je comprends parfaitement le malaise permanent qu’ils peuvent susciter et l’affront qu’ils constituent pour d’éventuelles victimes, leurs descendants ou la société contemporaine.
    • Dans la plupart des cas, je privilégie pourtant le maintien en place de ces œuvres, comme témoins d’une époque et surtout de l’évolution qui s’est produite dans nos valeurs et nos aspirations. Comme une commémoration du chemin parcouru, depuis l’ignoble (ou du moins, le malaisant ou le fâchant) jusqu’à la quête de justice, d’équité et de dignité qui nous habitent aujourd’hui.
    • Pavé dans la mare : le vandalisme, dans la mesure où il est facilement réversible, fait partie, comme la désobéissance civile, de l’expression légitime, sinon légale, de la démocratie. Il est aussi partie prenante du geste artistique de l’auteur ou de l’autrice de l’œuvre d’art public, qui par définition est un art qui s’impose dans l’espace public – un art qui se mouille dans tout les sens du terme – un art qui doit accueillir autant l’adhésion que la contestation. Ce vandalisme, sans destruction, fait vivre l’œuvre en ajoutant temporairement une autre interprétation que celle d’origine.
    • Mais si on choisi de conserver une œuvre controversée, il ne s’agit pas de la mettre sous surveillance policière ! Il est nécessaire que ces œuvres soient accompagnées, interprétées, commentées in situ. Ce qui est plus difficile en toponymie (par manque de place sur les plaques de rue), devient plus facile à intégrer à un monument ou à installer à proximité : l’œuvre et sa mise en contexte peuvent ainsi devenir une exceptionnelle occasion d’éducation historique, de réflexion éthique et de débat de société.
    • À l’image de la Ville de New York, il serait pertinent, par une commission, d’évaluer l’ensemble de la collection municipale et après examen des valeurs exprimées par les œuvres ou du profil des individus commémorés, décider au cas par cas selon l’évaluation de l’existence d’un problème et de sa gravité :
      • du maintien en l’état ;
      • de la mise en place d’une interprétation alternative ou « réparatrice » de l’œuvre controversée, in situ ;
      • de l’installation d’une nouvelle œuvre, conjointe, supportant un autre récit que celui porté par l’œuvre controversée ;
      • du déplacement dans un lieu d’interprétation moins exposé, un musée par exemple, où la contextualisation pourra se faire tout en permettant d’apprécier la qualité esthétique de l’oeuvre ;
      • ou de la mise hors jeu, purement et simplement.
    • Mais attention : la plus grande rigueur doit être de mise dans cet exercice de contextualisation ou de nouvelle interprétation.
      • Voir le cas du remplacement de la plaque de 1892 commémorant le supposé « exploit » de la place d’Armes relatant le combat entre Iroquois et Français sur ce site le 30 mars 1644 – également illustré par un superbe bas-relief sur le socle du monument à Maisonneuve : la nouvelle plaque installée par la Banque de Montréal supprime la mention « Maisonneuve tua le chef indien de ses propres mains », mais conserve la mention principale erronée « les fondateurs de Ville-Marie affrontèrent les Iroquois qui furent vaincus ». Pourtant, Dollier de Casson relate comment les Français regagnent le fort de Ville-Marie « avec confusion », frappés par la « frayeur ». De Maisonneuve se distingue personnellement, mais les Français sont humiliés et les Iroquois demeurent maîtres du champ de bataille.
Mayoral Advisory Commission On City Art, Monuments, And Markers, Report to the City of New York, January 2018
« Cette commission consultative a été créée pour conseiller le maire sur les questions relatives à l’art public, aux monuments et aux repères historiques. Plus précisément, la Commission est chargée d’élaborer des recommandations sur la manière dont la ville devrait traiter les monuments et les marqueurs historiques appartenant à la ville et situés sur ses propriétés, en particulier ceux qui sont sujets à une réaction négative et persistante du public ou qui peuvent être considérés comme incompatibles avec les valeurs de la Ville de New York, c’est-à-dire une ville juste qui privilégie la diversité, l’équité et l’inclusion ». 
Les cas de figure envisagés par la Commission :
1. Aucune action n’est jugée nécessaire : le monument existant reste en place sans intervention.
2. Recontextualisation : fournir une mise en contexte nouvelle ou supplémentaire par quelque moyen que ce soit, y compris: installer des plaques ou des panneaux d’interprétation spécifiques au site, ou fournir des informations par voie électronique, mettant à jour les informations historiques ou se dissociant des actes de personnages historiques concernés.
3. Relocalisation : déplacer l’œuvre vers un autre site public appartenant à la ville. Les solutions de rechange incluent la réinstallation ou le prêt à long terme auprès d’organisations culturelles, de musées ou de contextes historiques, culturels ou éducatifs plus pertinents.
4. Nouvelles œuvres temporaires ou permanentes : commander de nouvelles œuvres sur n’importe quel support, y compris la sculpture, la performance et les œuvres socialement engagées, afin de favoriser le dialogue public avec des moments historiques polarisants et de faire une place à des points de vue différents ou exclus et à des récits historiques sous-représentés.
5. Enlèvement : enlever les œuvres offensantes, controversées ou obsolètes de l’affichage en extérieur sur la propriété publique
 

 

L’avenir de la commémoration

Ceci dit, il ne faudrait pas que les futures gestes de commémoration par l’art public fassent exprès de susciter la controverse politique et se fichent de toute acceptation sociale.

Dans le cas ou l’on choisi de commémorer un individu :

 

 

3. La commémoration devrait considérer aussi les humbles, les sans voix, les anonymes qui ont apporté des contributions majeures à la société.

Quand on observe les œuvres commémoratives existantes, on constate sans surprise la faible représentation des humbles, des sans voix, des anonymes qui ont pourtant marqué l’histoire et l’évolution de la société. Il y a un rattrapage à faire pour rééquilibrer le portrait de notre société que nous renvoie l’art public commémoratif. Il ne faudrait pas que « la politique de la commémoration reste essentiellement la commémoration du politique » (Dinu Bumbaru) ou des élites.

 

4. La commémoration d’individus doit répondre à des critères de la plus haute exigence d’exemplarité.

La disparition d’un personnage public provoque inévitablement un mouvement d’opinion publique, plus ou moins orchestré, pour une commémoration, qu’elle soit toponymique ou par l’art public. Sous la pression, les décideurs ne se donnent pas toujours le temps de prendre le recul nécessaire pour juger de l’exemplarité à laquelle ont s’attend d’un personnage commémorable. Il faudrait se doter, en terme de commémoration sous quelque forme qu’elle s’exprime, de critères de la plus haute exigence, d’une vue d’ensemble permettant d’énoncer des priorités à l’échelle de la ville et donc d’un temps de réflexion et de vérification suffisant.

 

Il faut évaluer l’envergure d’un individu ou d’une institution avant de commémorer: importance significative, valeur de modèle, contribution exceptionnelle, influence durable.

    • Importance significative. Les sujets de la commémoration doivent avoir eu une importance significative dans l’histoire de la société, de la ville, ou dans celle de ses arrondissements et de ses quartiers. Ce sont des personnes ou des institutions dont la pensée ou les réalisations ont eu une influence ou un impact déterminants… et positifs.
    • Valeur de modèle. Les sujets de la commémoration ont nécessairement valeur d’exemple, de modèle ou de référence pour la communauté. Ce sont des modèles de courage et de détermination physique ou morale, et la noblesse de leurs valeurs a su inspirer leur milieu de façon significative. Ces personnes ou institutions ont fini par incarner leur domaine de réalisation, dans leur milieu ou à l’échelle de la société.
    • Contribution exceptionnelle. En général, ils se démarquent aussi par l’originalité, l’innovation ou une contribution exceptionnelle à la collectivité. Ces personnes ou institutions peuvent avoir été des pionniers ou des précurseurs, avoir fondamentalement modifié une pratique ou avoir fait reculer très loin les limites de ce que l’on croyait possible, quelque soit leur domaine ou l’échelle de leur engagement.
    • Influence durable. Les sujets de la commémoration doivent avoir eu une influence durable (on peut l’évaluer s’ils sont décédés depuis plusieurs années) ou vont avoir une influence durable, c’est à dire qu’ils évoqueront encore un sentiment fort et positif chez les citoyen-ne-s des prochaines générations ou qu’ils méritent de voir leur mémoire pérennisée. J’estime d’ailleurs, qu’il faudrait attendre au moins 5 ans et même 10 ans, avant de procéder à une commémoration, par la toponymie, par l’art public ou par un autre moyen.

 

 

5. La commémoration par l’art public ne doit pas nécessairement avoir comme objet des personnes.

La commémoration d’un individu par l’art public ou la toponymie est un exercice qui peut s’avérer périlleux. Sans s’abstenir totalement de le faire, on ne peut pas empêcher les cœurs d’aimer surtout quand ils sont nombreux, on devrait poursuivre les efforts pour labourer d’autres sillons et envisager une politique de la commémoration qui priorise des sujets qui se détachent des individus. Commémorer une réalisation, une valeur ou un événement, par exemple, ne chassera pas nécessairement toute controverse mais évitera assurément la révélation, gênante à postériori, d’un cadavre dans le placard d’une personnalité.

 

Des exemples :

Des événements fondateurs (commémorer la première célébration à Montréal de l’abolition de l’esclavage – 1er août 1834, plutôt qu’Alexander Grant son instigateur), des œuvres culturelles (commémorer la parution de Bonheur d’occasion, plutôt que Gabrièle Roy, à Saint-Henri), des réalisations technologiques (commémorer le premier décollage aéronautique montréalais – et canadien) et découvertes scientifiques, des axes fondateurs, des désastres urbains (commémorer la destruction du faubourg à m’lasse avec les restes de la maison Lacroix), des luttes, des conquêtes et des réalisations sociales (on a l’embarra du choix), les principes des droits et libertés, des moments marquants de l’histoire de la démocratie (commémorer l’incendie du parlement et la tentative d’assassinat du premier-ministre La Fontaine, en 1849), des moments les plus tragiques mais aussi des plus révélateur de solidarité sociale de notre histoire de l’immigration (celle des Irlandais de la Grande famine ou celle des Réfugiés de la mer vietnamiens), etc., peuvent être des sujets de commémoration.

Ils permettent, entre autres, de réveiller la mémoire collective, d’élargir les horizons des natifs d’ici et d’éveiller les nouveaux arrivants à l’histoire, aux valeurs, aux aspirations de leur société d’accueil.

 

6. La commémoration ne doit pas nécessairement se faire par un monument, ni être permanente.

La commémoration d’un individu par l’art public ou la toponymie est un exercice qui peut s’avérer périlleux. Sans s’abstenir totalement de le faire, on ne peut pas empêcher les cœurs d’aimer surtout quand ils sont nombreux, on devrait poursuivre les efforts pour labourer d’autres sillons et envisager une politique de la commémoration qui priorise des sujets qui se détachent des individus. Commémorer une réalisation, une valeur ou un événement, par exemple, ne chassera pas nécessairement toute controverse mais évitera assurément la révélation, gênante à postériori, d’un cadavre dans le placard d’une personnalité.

Exemple de la commémoration du meurtre terroriste des 14 femmes de l’École polytechnique, le 6 décembre 1989 :
Commémoration permanente :
. art public : installation dans un vaste aménagement paysager
. toponymie : nom de l’œuvre et nom du parc
Commémoration temporaire, qui peut être récurrente :
. des oriflammes sur le mobilier urbain
. le symbole du ruban blanc à porter
. la Journée commémorative annuelle : Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes
. une installation lumineuse annuelle (Moment Factory) sur le mont Royal

 

L’art public commémoratif peut être aussi :

  • une œuvre intégrée à un aménagement, un parcours, un marquage au sol, la composante d’un mobilier urbain (les plaques commémoratives sur des milliers de bancs à Central Parc), une murale, une épigraphe, etc.,
  • une œuvre éphémère : une bannière, des oriflammes, des affiches (exemple de JR, artiste urbain français qui a débuté son œuvre en 2005 pour commémorer les émeutes de jeunes exclus dans la banlieue parisienne de Clichy-sous-Bois par des affiches photographiques géantes collées sur les murs représentant ces jeunes. Des favélas de Rio de Janeiro aux villes les plus pauvres du Kenya en passant par Paris, Los Angeles, Shanghai et même Bethléem, JR sillonne le monde. Ses émules montréalais viennent juste de placarder un édifice du Plateau avec les visages émouvants de nos aînés à la demande des petits Frères à l’occasion de la Journée internationale des personnes aînées. Pensons aussi aux œuvres saisissante de l’artiste français Ernest Pignon Ernest et ses grande affiches ).

On peut commémorer par un support immatériel :

  • un site web commémoratif
  • une page facebook
  • le nom d’un concours, d’un prix, d’une bourse, d’une chaire universitaire, d’une division administrative,
  • un événement ou un rassemblement annuel, une fête annuelle, une parade,
  • une Journée commémorative municipale ou nationale, etc.

On peut commémorer par la toponymie :

En plus d’être sujette aux mêmes controverses potentielles que l’art public commémorant des individus, la désignation toponymique commémorative fait face aux limites bien concrètes du bassin de lieux à nommer. L’espace urbain approche de la saturation puisque l’ouverture de nouvelles voies est moins fréquente. Comme il serait contraire à la tradition montréalaise de segmenter la dénomination des voies – cela fait partie de notre patrimoine – il faudrait trouver d’autres avenues :

  • donner des noms à des parties de sites déjà nommés :
    • dans les parcs : des sentiers, des carrefours, des sous-espaces, des lieux de rencontre, des scènes, bassins, murets et autres structures,
    • dans les édifices administratifs ou gouvernementaux : des salles, etc.
  • introduire la dénomination d’éléments de voirie encore innommées : les ruelles, les ouvrages d’art (ronds-points routiers, ponts, viaducs, etc.)
  • Puiser dans le bassin des rues à désignations numériques 
  • Puiser dans le bassin des parcs dont le nom est celui de la rue adjacente

 

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