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Le port de Montréal et les glaces du Saint-Laurent

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Ces trois cartes postales nous montrent l’effet de l’hiver sur le port de Montréal au début du vingtième siècle. Depuis 1964, le port de Montréal fonctionne douze mois par année grâce aux brise-glaces, mais autrefois les activités portuaires s’arrêtaient complètement de novembre à mai. La première image montre le port en activité; dans la deuxième, le fleuve est gelé, il n’y a plus de bateaux ! La troisième photo montre des hommes debout sur un amoncellement de blocs de glace. De tels embâcles se formaient au printemps lorsque les glaces du fleuve se brisaient; cela signifiait que la navigation allait bientôt reprendre.

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Montréal, économie saisonnière

En tant que plaque tournante des transports, Montréal se trouvait fortement affectée par la fermeture du port de novembre à mai. Cette fermeture avait des répercussions sur les transports ferroviaires, les agences maritimes et beaucoup d’autres secteurs associés indirectement aux activités portuaires. Le chômage saisonnier était donc considérable, et ce d’autant plus que l’hiver affectait aussi la construction et même les ventes au détail. Ainsi pour les travailleurs montréalais, il s’agissait souvent d’une saison difficile : ils tombaient en chômage au moment même où ils devaient assumer le coût du chauffage.

Le Vieux Montréal, quartier des marins

Pendant la belle saison, de mai à novembre, l’activité portuaire était à l’origine d’une animation importante dans les rues de la vieille ville. Selon la Commission du Havre, au cours des années 1890 on voit débarquer chaque année 30 000 marins dans le Vieux Montréal. La majorité sont des Britanniques, mais à la fin du siècle il y a aussi d’autres groupes ethniques, en particulier des Scandinaves.

Comme toutes les villes portuaires du monde, Montréal a son « sailortown », le secteur près du port fréquenté par les marins. Ces hommes des classes populaires, vivant à bord des navires dans un milieu social entièrement masculin, sont toujours de passage dans les villes où ils font escale. Quels sont leurs besoins ? Ils cherchent des tavernes et des maisons de passe, mais, d’abord, un hébergement : c’est ainsi qu’on trouve, à proximité des quais, les maisons de chambres et les hôtels miteux qui les accueillent. Le secteur des quais est fréquenté aussi par de petits criminels qui exploitent les marins, les font boire et les dépouillent. Rue de la Commune, les établissements comme la célèbre taverne de Joe Beef ou celle de French Mary sont des lieux de plaisir et de divertissement pour les marins, tandis que des organismes de charité protestant et catholique à proximité des quais – le Montreal Sailors’ Institute et le Catholic Sailors’ Club – cherchent à les éloigner du vice.

(La taverne de French Mary se trouvait au 37, rue de la Commune est, à l’angle de la rue Saint-Gabriel; la taverne de Joe Beef était située au 201-207 rue de la Commune ouest, à l’angle de la rue de Callière; le Montreal Sailors’ Institute se trouvait au 165-169 place d’Youville, à l’angle de la place Royale; le Catholic Sailors’ Club se trouvait au 329 rue de la Commune ouest à l’angle de la rue Saint-Pierre. À l’exception du Montreal Sailors’ Institute, remplacé par un nouveau bâtiment en 1953, tous ces bâtiments existent encore aujourd’hui).

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